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Prononciation du patronyme
Plusieurs occurrences du nom de ce compositeur écrit sans « s » indiquent qu’il devait être généralement prononcé « Cotelet ». Dans la première édition de leur 16me livre de chansons, en 1565, Le Roy et Ballard impriment son nom « Cautelay » et « Cautelai » (voir, par exemple, volume de tenor, f. 8v, 10v et la table au f. 16v), tout comme dans les titres courants de leur 19me livre de 1567, tandis que le manuscrit de sa Fantaisie pour clavier orthographie son nom « Cotelay » (F-Pnm Français 9152, p. 189). Les documents du chapitre cathédrale de Rouen relatifs à la visite du compositeur en 1601 n’offrent que des occurrenes de son nom sans s, dans presque toutes les combinaisons possibles : Cotelay, Cottelay, Cottelé, Coteley et Cotteley (AD-76, G 2180, f. 223, 229v-230, et G 2290). Si la graphie Costeley était bien celle avec laquelle le compositeur signait, la prononciation de son nom devait être « Côtelet », sans le « s ».
Réputation et profil d’organiste de cour compositeur
Contemporain de la dernière génération des polyphonistes de la Renaissance, celle de Palestrina et Lassus, Costeley fut le principal compositeur de la cour de France entre Claudin de Sermisy et Eustache Du Caurroy, sous les rois Charles IX (1560-1574) et Henri III (1574-1589). Il fut aussi le premier musicien d’un tel statut à ne pas avoir fait carrière comme chantre, contrairement à tous ses devanciers et à l’immense majorité de ses contemporains. Ses premières mentions d’archives à la cour de France le citent parmi les joueurs d’instruments et comme organiste de la chambre du roi. La source du seul fragment noté qui subsiste de la musique qu’il produisit dans cette capacité, un manuscrit pourtant produit dans l’environnement de la cour au milieu des années 1580, le qualifie erronément de « maistre de la chappelle du roy » (F-Pnm Français 9152, p. 189). Il n’occupa jamais cette fonction prestigieuse, par définition inaccessible à son statut de laïc marié, et ne fit même jamais partie de la chapelle royale, mais l’erreur témoigne du respect dans lequel il était tenu. Ce respect culmina avec la publication en 1570 d’un luxueux volume intitulé Musique de Guillaume Costeley, organiste ordinaire et vallet de chambre du treschrestien et tresinvincible Roy de France, Charles IX (Costeley 1570), regroupant cent-une chansons et trois motets, agrémenté de deux portraits gravés, de huit poèmes liminaires et d’une épître du compositeur « à ses amis ». Une telle publication rangeait Costeley au rang des plus illustres musiciens en activité, à commencer par Lassus, dont des Mélanges furent imprimés à Paris en cette même année. Pourtant, Costeley se retira alors à Évreux à l’âge de quarante ans, et ne publia plus aucune nouvelle œuvre musicale.
Naissance en 1530 ou 1531
Les légendes de ses deux portraits imprimés en ouverture des cahiers de Musique de G. Costeley (Costeley 1570 et Costeley 1579, f. 1v) indiquent qu'il était âgé de 39 ans en 1570, et était donc né en 1530 ou 1531.
Origine familiale en Normandie, probablement à Pont-Audemer
La notice que lui consacra La Croix du Maine dans ses Bibliothèques françoises publiées en 1584 a semé quelque confusion quant à ses origines mais est manifestement erronée. Elle reprend la légende des portraits insérés dans Musique concernant son âge mais le dit en outre « natif de Fontanges en Auvergne » (« GUILLAUME COTELAY, natif de Fontanges en Auuergne, tresexcellent Musicien de nostre temps. Il a fait imprimer quelques Chansons de Musique composees par luy, l’an 1570. & de son âge 39 » ; La Croix du Maine 1584, p. 145; notice BibFr BVH). Or cette indication de lieu de naissance figure à l'identique dans la notice que La Croix du Maine consacre au compositeur contemporain Antoine de Bertrand* ("ANTOINE DE BERTRAND, tres-excellent musicien, natif de Fontanges en Auvergne…", id., p. 12; notice BibFr BVH). Outre la probabilité infime que deux musiciens contemporains soient originaires du même village auvergnat, strictement aucun élément ne permet de déceler le moindre lien de Costeley ou d'une famille de ce nom avec cette région, à la différence de Bertrand (voir sa biographie). Surtout, l’information sur le lieu de naissance de Bertrand figure bien, elle, en titre d’une de ses publications, parue en 1578. De toute évidence, La Croix du Maine a tout simplement confondu les notes qu’il avait prises sur les pages de titre de deux publications musicales imprimées par les mêmes éditeurs à quelques années d’intervalles.
Outre le compositeur, les seuls individus portant le patronyme Costeley ont tous été localisés en Normandie, et plus précisément dans la région de Pont-Audemer, berceau d'une famille bien implantée dans la bourgeoisie locale depuis le XVe siècle. Dès 1466, « Pierre Costelley » faisait partie des « conseillers en court laie et conseillers de la ville » (Sintic 2012, p. 146). C’est ensuite Guillaume Costeley, peut-être son fils, qui est cité dans un compte de la ville de 1485-1486 comme « receveur du domaine de la vicomté » de Pont-Audemer puis comme « un des quatre bourgeois de la ville qui, lors de l’entrée du roi Charles VIII dans cette ville, le 12 novembre 1487, portèrent un dais au-dessus de la tête du monarque ». Comme le suggérait M. Cauchies, ce Guillaume Costeley senior, qui doit être né au plus tard vers 1460, pourrait bien être le grand-père du compositeur (Cauchies 1926, p. 63-64). Le 18.1.1497, il est encore cité comme député de la vicomté de Pont-Audemer aux États provinciaux réunis à Rouen (Inventaire F-AC Rouen, t. 1, p. 80), puis à nouveau envoyé à Rouen en 1501 (Sintic 2012, p. 198). Un « Jean Costelay, du diocèse de Lisieux » est ensuite cité en 1519-1520, pour avoir été nommé aux paroisses d’Anxtol (sic, peut-être pour Hotot) et de Téroulde-Ville, toutes deux à la collation de l’abbé du monastère de Valmont, à cette époque Jean Ribault (Inventaire F-AD76 G6, p. 80, d’après F-AD76, G 9507). Enfin, les inventaires des Archives départementales de l’Eure signalent encore au XVIIe siècle des documents concernant une famille Costeley à Quittebeuf (F-AD18, 2F/3276, 1627-1660), et les familles Caplain et Costeley, de Quillebeuf et Sainte-Opportune du Bosc, avec mention des biens d’un Nicolas Costeley dans les années 1659-1675 (F-AD 18, 13 B 624 à 629). Sans qu’il soit possible pour l’instant de réunir ces individus en une généalogie, tout indique que la famille du compositeur circula en Normandie à partir de Pont-Audemer, la ville de ses premiers représentants connus, Pierre et Guillaume senior. Si le compositeur s’installa finalement à Évreux, où il passa toute la seconde partie de sa vie, à partir de 1570 environ, son nom n’y a pas été retrouvé avant cette date, notamment pas par l’érudit Alphonse Chassant, malgré sa fréquentation assidue des registres des tabellions de la ville (Cauchies 1926, p. 64). Il y a donc tout lieu de penser que sa jeunesse se déroula ailleurs, la ville de Pont-Audemer offrant l’hypothèse la plus évidente. Bien qu’aucune mention de la famille Costeley n’y ait été mise au jour après celles de Guillaume senior autour de 1500, un nouvel élément permet de la renforcer, et même de faire le lien avec Évreux : la découverte d’un lien direct entre le compositeur et la haute aristocratie locale.
Protection du cardinal Jacques d’Annebault, c. 1550 voire dès 1546
L’hypothèse de l’ancrage du compositeur à Pont-Audemer est confortée par la découverte, lors de la préparation de la présente édition Costeley online, du nom « Jacques d'Annebault » en acrostiche d'une de ses chansons (J'aime mon Dieu). Elle atteste de la proximité de Costeley avec un haut prélat de cour, issu d’une famille ancrée dans la région de Pont-Audemer, et qui fut lié à Évreux (abbé de Saint-Taurin). Alors que la chanson ne fut imprimée qu'en 1570, cette relation date au plus tard des années 1550 puisque le cardinal mourut à Rouen le 7.6.1558. Si aucune trace d'archive ne permet de préciser sa chronologie, l’hypothèse que le cardinal d’Annebault ait été le ou l’un des premiers protecteur(s) de Costeley s’impose naturellement du fait des trente ans de différence d’âge entre le musicien et l’ecclésiastique. Cette protection pourrait remonter à l’adolescence du musicien, dans les années 1547-1548, dans la mesure où le poème mis en musique par Costeley pourrait être spécifiquement interprété comme un acte de repentance du cardinal après son excommunication lors de son séjour à Rome en 1548 (voir la biographie de d'Annebault). Cette chanson indiquerait en somme que l’appui de Jacques d’Annebault fut la première marche de l’ascension de Costeley, le conduisant probablement à quitter sa ville natale de Pont-Audemer, peut-être à voyager jusqu’à Rome, et en tous cas à commencer à fréquenter des cercles aristocratiques proches de la cour de France. Cette chronologie peut apparaître paradoxale, car c’est alors qu’il devait achever sa formation et s’apprêtait à entrer sur le marché du travail, en 1547-1548, que la famille aristocratique qui aurait pu soutenir ses débuts, les d’Annebault, connut la disgrâce. Avec l’avènement d’Henri II le 31 mars 1547, c’est en effet tout l’ancien entourage royal de François Ier, à commencer par l’amiral d’Annebault, qui fut écarté et remplacé. L’hypothèse que Costeley ait débuté sa carrière dans l’entourage d’un courtisan disgracié présente en outre l’avantage d’expliquer l’absence d’information à son sujet dans les années 1550 et 1560. Pour ces décennies, l’impression de ses premières œuvres est la seule trace de son activité.
Composer
Composition
Dedicator
Music theorist
Organist
Secondary composer
Male
Normandy (France)
1530/1531
Normandy
(France)
Comments: Deux portraits imprimés dans les cahiers de Musique incluent les légendes "G. Costeley. aagé de 39" (cahiers de superius et quintus) et "G. Costeley. 1570. En son an 39" (cahiers de contratenor, tenor et bassus). L'édition est datée sur le colophon de 1570, sans autre précision. Il serait donc né en 1531. Toutefois, l'Épître à ses amis incluse dans le même recueil est signée par l'auteur "A Paris, le 1er de janvier. 1570." À considérer que Costeley était âgé de 39 ans le 1.1.1570 (n.s.), il serait donc plutôt né en 1530. On conserve par précaution la fourchette 1530/1531.
1606-02-01
Évreux
(France)
Bibliography: Cauchie 1926
108 in database
2 in database
Cautelay ; Costelet ; Costello ; Cotelay ; Cotelé ; Coteley ; Cottelai ; Cottelay ; Cottelé
Jacques d'Annebault (Probable personal patronage: patron (d'Annebault) and protégé (Costeley))
Nicolas Guyonnet (Notarial procuration: Costeley naming Guyonnet as his proxy in Paris)
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[S. d., Musique de Guillaume...]
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[F-AD 27]
[F-AD 76]
[F-AN]
[F-Pnm Français 9152]
David Fiala - Project manager ; Biography author
Philippe Vendrix - Project manager
https://ricercardatalab.cesr.univ-tours.fr/people/161/
Fiala David, Guillaume Costeley, in RicercarDataLab [https://ricercardatalab.cesr.univ-tours.fr/people/161/] (accessed 03 March 2026).
Last modification: Feb. 19, 2026