Des lamentations de Jeremie avec la conclusion
Chanson
Dans le "Mélange de chansons en façons d'airs", deuxième partie du recueil Musique de Guillaume Costeley (1570).
Guillaume Costeley
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Composer
No information.
Language
French
Literary form
Other poetic form
Verses
54
Verse rhymes
aabb…
Lines in verse
2
Syllables in line
12
Notes
Lamentations de Jérémie. Traduction française versifiée connue exclusivement par sa mise en musique par G. Costeley.
Comment a l’éternel obscurcy par son ire
La fille de sion, jusques à la destruire.
Il â jecté du ciel par la cruelle guerre
Les Nobles d’Israël à l’uni de la terre.
Au jour de son courroux, pour la juste querelle,
Il a mis en oubly de ses piedz la sçabelle.
La seigneur a mis bas de Jacob la plaisance :
De la fille à Juda les fortz et la puissance.
Ses Princes à fouillez, a la corne brisée
D’Israël eslevé, par son ire embrasée.
Devant l’ennemy fier il à mis en arriere
Sa main bruslant Jacob d’une flamme meurtriere.
Il à tendu son arc en son courroux extresme
Appliquant son bras droict comme l’ennemy mesme.
Tout cela qui plaisoit à l’œil au sanctuaire
Le Seigneur l’a tué se faisant adversaire.
A deffaict Israël, brisé ses forteresses,
Dissipé ses palais, augmenté ses détresses.
Il à comme un jardin sa maison esclattée,
La feste mise bas, et l’eglise gastée.
En indignation de sa fureur tresgrande
A reprouvé le Roy, et des pretres la bande.
A froissé son autel, es mains de ses contraires
Livré de ses palais les murailles austeres.
En sa saincte maison, au jour de leur entrée
Comme au jour solemnel, leur voix ilz ont jectée.
Le Seigneur à conclu que de Syon la fille
Voirroit son ennemy qui ses richesses pille.
A tendu le niveau, sa main n’a retirée
De la destruction encontre elle jurée.
A par terre enfondré ses tresmassives portes,
Debrisé ses verroux, et ses serrures fortes.
Ses princes et Roy sont entre la gent cruelle,
Et n’y à plus de loy en ce peuple rebelle.
Plus n’y à du Seigneur nulles visions faictes
Qui viennent esmouvoir les espritz des Prophetes.
Les anciens assiz sur la terre on void taire,
De poudre tous couvertz, et vestus de la haire.
De la saincte Cité les vierges oppressées
Toutes leurs testes ont contre terre baissées.
Mes yeux sont desfaillis à grand force de larmes,
Mes entrailles font bruit oyant telles allarmes.
D’autant que les petitz, et ceux de la mammelle
Desfaillent es carfours de ceste Cité belle.
Ilz ont dit, oppressez entre tant de miseres,
Où est nostre froment ? où est le vin ? ô Meres !
Lors comme le naüré tombant parmy la rue
Rendoyent l’esprit au sein de la mere esperdue.
Que te t’estifieray ? et à quoy comparée
Seras-tu maintenant ? ô Vierge deplorée ?
Qui te consolera pour guerir ta blessure ?
Grande comme la met on peut voir ta cassure.
De tes prophetes faux tu as creu les parolles
T’ayant fait speculer choses vaines et folles.
Ilz n’ont point revelé ta grande forfaicture
Affin de destourner ta captivité dure.
Mais ilz t’ont speculé soubz façons adoucies.
Plusieurs esgarementz, et fauses propheties.
Chacun qui void cecy sur toy son ris assemble :
Les passantz estrangers en vont disant ensemble.
Est-ce cy la Cité nommée avant la proye
Couronne de beauté, et du monde la joye ?
Tes adversaires ont sur toy la bouche ouverte,
Ilz ont grincé les dentz, ilz ont ry de ta perte.
Crians, devorons-la, Car de fait la journée
Que nous attendions nous à esté donnée.
Ainsi donc le Seigneur a parfait sa parolle,
A resjoüy sur toy l’homme qui te desole.
Quand il crie au Seigneur, ô de Sion la fille ?
Voycy ton ennemy qui tes richesses pille :
Jectes larmes de jour et de nuict comme un fleuve :
La prunelle de l’œil repoz en toy ne treuve.
O fille leve toy ! pourquoy ores sommeilles ?
Chante au Seigneur de nuit des les premieres veilles.
Leve tes mains vers luy pour tes filz qui languissent
Par la faim qui les tient, que point ilz ne perissent.
Las ! s’il te plait, Seigneur, regarde et considere
Qui tu as vendengé, et ton ire modere.
Mangeront donc leurs fruitz les femmes douloureuses ?
Et leurs enfans petitz par trop estre angoisseuses ?
Le Sacrificateur, et le Prophete encore
Seront ilz au sainct lieu craignant qu’on les devore ?
L’enfant et l’ancien sont couchez par les rues :
Mes jouvenceaux occis, mes vierges abbattues.
Tu les as mis à mort sans les espargner, Sire,
Tu les as mis à mort au dur jour de ton ire.
Comme au jour solemnel, en tes fureurs terribles,
As convié chelz moy mes frayeurs treshorribles.
Au jour de la fureur du Seigneur admirable
Il n’est nul eschappé de sa main redoutable.
Mon ennemy ha lors consumé sans deffance
Ceux dont j’avoys nourry, et eslevé l’enfance.
Un pauvre peuple suis, affligé par mon vice
En l’indignation de ta forte justice ?
C’est toutefoys, Seigneur, de ta beneficence
Que ne sommes du tout perdus par notre offence.
Car ta compassion n’est-point trop eslongnée :
Renouvelée elle est chacune matinée :
Grande chose est ta foy : je diray donc sans cesse,
Le Seigneur est ma part, j’attendray sa promesse.
L’attendre il est tresbon, car du peuple paisible
Le salut, au Seigneur n’est jamais impossible.
Ce-pendant voy coment mes ennemis me chassent.
Comme on chasse l’oyseau sans cause ilz me pourchassent :
Ren leur donc, ô Seigneur, ren leur donc le semblable
Et de leurs mains selon l’effect abominable.
Tu leur prononceras douleur de cœur tresgriesve,
Et malediction qui les ruïne et griesve.
Tu les pourchasseras en ton ire formelle,
Et de dessoubz le ciel destruiras leur sequelle.
No information.
No information.
David Fiala - Project manager ; Scientific editor
Frank Dobbins - Scientific editor
https://ricercardatalab.cesr.univ-tours.fr/works/3590/
Comment a l'Eternel obscurcy par son ire, in RicercarDataLab [https://ricercardatalab.cesr.univ-tours.fr/works/3590/] (accessed 23 January 2026).
Last modification: Dec. 29, 2025