Jacques d'Annebault

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Biography

Issu d'un ancien lignage aristocrate normand possessionné en Pays d'Auge et en Roumois (autour de l'actuelle commune d'Appeville-Annebault, à côté de Pont-Audemer), fils de Jean V d'Annebault et de Catherine de Jeucourt, Jacques d'Annebault est le frère cadet de l'amiral Claude d'Annebault, bailli d’Évreux, lieutenant général du roi en Normandie, amiral de France, puis ministre de François Ier en 1540. Peut-être éduqué au chapitre cathédral d'Évreux, il mena une carrière de prélat de cour: aumônier ordinaire du roi dès 1524, il succéda au cardinal de Meudon (Antoine Sanguin de Meudon) comme maître de l’oratoire du roi en 1543, année de la mort de son oncle, le cardinal Jean le Veneur, dont il avait déjà hérité, par une bulle de 1539, les charges d'évêque-comte de Lisieux et d'abbé du Mont Saint-Michel. Il reçut encore, avec le soutien de son frère, les abbayes de Saint-Taurin d’Évreux en 1540, puis de Saint-Pierre de Préaux, de Bonport et du Bec-Hellouin en 1544. Nommé cardinal du titre de Sainte-Suzanne en décembre 1544 par le Pape Paul III, il fit partie des cardinaux français congédiés de la cour et envoyés à Rome par Henri II dès son accession au trône. Arrivé à Rome en novembre 1547, la conduite du cardinal d'Annebault y fit scandale au point qu'il fut excommunié pour dettes. Les représentants français durent s'employer pour obtenir la suspension de son excommunication et sa participation au conclave en vue de l'élection du successeur de Paul III. Il semble avoir ensuite été écarté de la cour et mourut à Rouen en 1558 (tout ceci d'après Nawrocki 2015, p. 479-482 et 629-631).

En 1570 parut dans Musique de Guillaume Costeley la chanson à quatre voix en trois parties J'aime mon Dieu et la saincte parolle, dont le poème présente le nom "Jacques d'Annebault" en acrostiche. Le dévôt auteur de ce texte, vraisemblablement désigné par l'acrostiche, y dénonce avec emphase la cupidité, l'amour de l'or et de l'argent, et répète son amour de Dieu, dans lequel il place toute son espérance. Au regard des mésaventures romaines de Jacques d'Annebault, on ne peut guère interpréter ce texte autrement que comme un acte de contrition et une demande de réhabilitation. Sa mise en musique par Costeley atteste vraisemblablement d'un lien personnel entre l'ecclésiastique et le jeune musicien, d'environ trente ans son cadet. Leur attachement commun aux régions de Pont-Audemer et d'Évreux rend l'hypothèse extrêmement plausible. La chronologie de leur potentielle rencontre ne peut être, elle, que purement hypothétique, mais l'absence d'information biographique sur Costeley avant 1569 ouvre toutes les possibilités. Le musicien pourrait fort bien avoir été dès sa prime jeunesse un protégé du prélat. Rien n'interdit non plus de l'imaginer, à 16 ou 17 ans, invité à se joindre à la suite cardinalice en route vers Rome à l'automne 1547, puis être témoin des déboires de son protecteur, et mettre en musique un poème d'acte de foi et de repentir. Le style musical de la chanson, soigné et maîtrisé, d'une veine mélodique voisine de Sermisy, n'a en tous cas rien d'incompatible avec une datation en 1548, à une heure où chaque geste de soutien envers d'Annebault pouvait être bienvenu. Que la chanson de Costeley ait été composée lors d'un éventuel séjour romain dont aucune preuve ne subsiste ou dans les années suivantes, pour tenter de redorer l'image du cardinal excommunié et regagner la faveur du roi et de son entourage, il semble évident que ce fut en tous cas avant la mort de d'Annebault en 1558. La chanson peut donc être rangée au rang des chansons les plus anciennes que Costeley jugea dignes d'être imprimées pour la première fois dans sa collection rétrospective de 1570, soit au moins douze ans après sa composition, comme la chanson microtonale Seigneur Dieu, composée "il y a bien douze ans en ça" aux dires de Costeley lui-même dans son épître à ses amis. Le choix de faire imprimer J'aime mon Dieu à une date où sa probable signification initiale n'avait plus d'actualité indique au moins que Costeley conservait un souvenir positif de Jacques d'Annebault. Ça n'est pas suffisant pour affirmer que d'Annebault fut le principal protecteur de Costeley – et il perdit toute chance d'être le plus influent –, mais la géographie et la chronologie des faits sont suffisamment concordantes pour considérer qu'il fut un des premiers, et peut-être le premier.

Fiala David

Information

  • Roles

    Dedicatee/Owner
    Lyricist-Poet

  • Gender

    Male

Events

(YYYY-MM-DD)
Geographical origins

Pont-Audemer (France)

No event.

Associated works

1 in database

Associated sung texts

1 in database

Texts

J’aime mon Dieu & sa saincte parolle

Variant names

No variant.

Associated people

Guillaume Costeley (Probable personal patronage: patron (d'Annebault) and protégé (Costeley))

Bibliography

[Nawrocki, 2015]

Nawrocki, F., 2015, L’Amiral Claude d’Annebault, - conseiller favori de François Ier, Paris https://classiques-garnier.com/l-amiral-claude-d-annebault-conseiller-favori-de-francois-ier.html (consulté le 18 janvier 2026).
(pp. 479-482, 629-631)

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David Fiala - Biography author

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Fiala David, Jacques d'Annebault, in RicercarDataLab [https://ricercardatalab.cesr.univ-tours.fr/people/5677/] (accessed 26 January 2026).

Last modification: Jan. 19, 2026